Ceglossaire accompagne la publication de « Aujourd’hui dans la Marseillaise.. » Il est mis Ă  jour quotidiennement. Les items en bleu sont les journalistes ou collaborateurs de la Marseillaise. Les sources principales sont: le Maitron en ligne, les notices de la BnF, le site de l’AssemblĂ©e nationale pour les dĂ©putĂ©s (je n’ai rien trouvĂ© d’analogue pour l’Angleterre, hĂ©las
La guerre d’AlgĂ©rie 1954-1962 a Ă©tĂ© suivie d'une politique de l’oubli » jusqu'en 1982. Depuis lors, sous le double effet de l'immigration algĂ©rienne en France et du ressentiment entretenu par les gouvernants algĂ©riens, on assiste Ă  une violente guerre des mĂ©moires »...Le prĂ©sident Macron a tentĂ© de cicatriser cette blessure mĂ©morielle » en demandant Ă  Benjamin Stora, historien engagĂ©, un Rapport sur les questions mĂ©morielles portant sur la colonisation et la guerre d’AlgĂ©rie » 20 janvier 2021. La tentative a fait long feu comme le dĂ©montrent les propos adressĂ©s le 30 septembre 2021 par le prĂ©sident de la RĂ©publique Ă  des descendants de combattants des deux bords. Lors de cette discussion relatĂ©e dans Le Monde, il a dĂ©clarĂ© que l’AlgĂ©rie indĂ©pendante s’est construite sur une rente mĂ©morielle » entretenue par le systĂšme politico-militaire ». Il a Ă©voquĂ© aussi une histoire officielle » selon lui totalement réécrite », qui ne s’appuie pas sur des vĂ©ritĂ©s » mais sur un discours qui repose sur une haine de la France ». Sur un ton ironique, il s’est dit fascinĂ© de voir la capacitĂ© qu’a la Turquie Ă  faire totalement oublier le rĂŽle qu’elle a jouĂ© en AlgĂ©rie et la domination qu’elle a exercĂ©e », en allusion Ă  l’Empire ottoman. Et d’expliquer qu’on [les Français] est les seuls colonisateurs, c’est gĂ©nial. » Des propos que l'on entendait jusqu'ici seulement Ă  la droite de la droite et qui faisaient bondir la gauche morale »... La guerre d’AlgĂ©rie, une guerre sans nom » Une guerre cachĂ©e par la France - L’État français n’a reconnu que trĂšs tardivement la situation de guerre sur le territoire algĂ©rien. L’AlgĂ©rie Ă©tait en effet une colonie au statut trĂšs particulier, elle faisait partie intĂ©grante de la France puisque composĂ©e de trois dĂ©partements Oran, Alger et Constantine. Parler de guerre Ă  propos des attentats qui sont dĂ©clenchĂ©s le 1er novembre 1954, c’était reconnaĂźtre une situation de guerre civile sur le sol français. Au lendemain de la Toussaint rouge », le ministre de l’IntĂ©rieur de l’époque, François Mitterrand qui s’exprime dans les journaux est trĂšs clair L’AlgĂ©rie c’est la France ! » - Les gouvernements qui se succĂšdent parlent donc d’ Ă©vĂ©nements », d’ opĂ©rations de pacification », mĂȘme si certains mĂ©dias osent Ă©voquer dĂšs 1955 la sale guerre », au risque d’ĂȘtre censurĂ©s et saisis. Mais face Ă  quelques journalistes courageux, c’est le discours officiel qui prĂ©vaut largement, l’objectif Ă©tant d’abord de ne pas inquiĂ©ter les populations. Un oubli des deux cĂŽtĂ©s de la MĂ©diterranĂ©e - La guerre s’achĂšve en 1962 par la signature des accords d’Évian, le 19 mars. S’ouvre alors une pĂ©riode oĂč les deux États vont devoir gĂ©rer les mĂ©moires de cet Ă©pisode de leur histoire nationale. - CĂŽtĂ© français, les dirigeants qui sont en place, Charles de Gaulle est prĂ©sident de la RĂ©publique depuis 1958, souhaitent rapidement tourner la page du drame algĂ©rien. L’oubli est ainsi organisĂ© par toute une sĂ©rie de lois qui entre 1962 et 1982 amnistient les auteurs d’exactions, d’actes de torture et mĂȘme les gĂ©nĂ©raux qui firent le coup d’État avortĂ© de 1961 sont amnistiĂ©s en 1968. Il y a lĂ  une volontĂ© claire d’occulter une pĂ©riode durant laquelle les Français furent largement divisĂ©s. Entre les partisans de l’AlgĂ©rie française qui vont jusqu’à l’action violente comme l’ Organisation armĂ©e secrĂšte qui attente Ă  la vie du gĂ©nĂ©ral de Gaulle en 1961, les dĂ©fenseurs d’une AlgĂ©rie algĂ©rienne, l’unitĂ© nationale avait Ă©tĂ© largement mise Ă  mal. Ne pas parler de cette guerre pouvait sembler un moyen d’évacuer des traumatismes dont les acteurs restaient encore trĂšs prĂ©sents, y compris dans les sphĂšres politiques. - En AlgĂ©rie mĂȘme, le discours officiel sur ce qu’il s’est passĂ© fait l’objet d’une vĂ©ritable confiscation par le pouvoir. L’expression de guerre de LibĂ©ration » est employĂ©e comme celle de rĂ©volution nationale » pour forger un mythe unitaire. Le FLN Front de LibĂ©ration Nationale avec son bras armĂ©, l’ALN ArmĂ©e de libĂ©ration nationale apparaĂźt comme la source unique du nationalisme algĂ©rien. C’est une façon de masquer les divisions qui existaient au sein des mouvements nationalistes algĂ©riens. Les mouvements rivaux du FLN comme celui de Messali Hadj, le Mouvement Nationaliste AlgĂ©rien MNA sont oubliĂ©s », les horreurs des attentats du FLN sont tues, le nombre des victimes algĂ©riennes souvent surĂ©valuĂ©es de maniĂšre Ă  rejeter toutes les fautes sur les Français. MĂȘme des hĂ©ros de la guerre d’indĂ©pendance, comme Ben Bella, chef historique du FLN et premier prĂ©sident de l’AlgĂ©rie, vont ĂȘtre jetĂ©s en prison aprĂšs s’ĂȘtre montrĂ© hostile au nouveau pouvoir de Boumediene qui s’installe dĂšs 1963 aprĂšs un coup d’État. De mĂȘme, la part active de la Kabylie dans cette guerre d’indĂ©pendance est largement occultĂ©e par l’État, pire, elle est relĂ©guĂ©e au rang d’ ennemi interne » face au discours officiel qui vante les mĂ©rites d’un peuple algĂ©rien uniquement arabo-musulman. Ces façons de procĂ©der traduisent trĂšs mal la complexitĂ© de la rĂ©alitĂ© du drame algĂ©rien, celle-ci transparaĂźt d’abord Ă  travers la multiplicitĂ© des victimes. Une nĂ©cessaire reconnaissance des victimes - Les pieds-noirs entre mars et juillet 1962, presque un million de Français quittent l’AlgĂ©rie, laissant derriĂšre eux leurs biens – la formule la valise ou le cercueil ? » rĂ©sume brutalement quels Ă©taient pour eux au sortir de la guerre les enjeux- - pour venir s’installer en France, en Corse, dans le sud-ouest et sur la cĂŽte d’Azur notamment. Cette population diversement accueillie rĂ©clame des indemnisations pour leurs pertes et la reconnaissance de leur statut de victimes. Surtout, elle reprĂ©sente une forme de culture soucieuse d’entretenir le souvenir de la terre perdue, une nostalgĂ©rie » que l’on retrouve dans quelques chansons de Gaston Ghrenassia. Adieu mon pays » Chanteur français nĂ© Ă  Constantine en 1938, il quitte l’AlgĂ©rie en 1961 et devient rapidement une cĂ©lĂ©britĂ© sous le nom d’Enrico Macias. Il est aussi un des reprĂ©sentants de la condition pied-noire en France. Extrait de Adieu mon pays », chanson d’Enrico Macias de 1962 J’ai quittĂ© mon paysJ’ai quittĂ© ma maisonMa vie, ma triste vieSe traĂźne sans raisonJ’ai quittĂ© mon soleilJ’ai quittĂ© ma mer bleueLeurs souvenirs se rĂ©veillentBien aprĂšs mon adieuSoleil ! Soleil de mon pays perduDes villes blanches que j’aimaisDes filles que j’ai jadis connues
 Mais du bord du bateauQui m’éloignait du quaiUne chaĂźne dans l’eauA claquĂ© comme un fouet. » - Les harkis constituent les anciens combattants algĂ©riens pour la cause française. À l’issue de la guerre, seule une minoritĂ©, 40 000 environ sur 300 000 rĂ©ussissent Ă  gagner le territoire mĂ©tropolitain français. Ceux qui restent, abandonnĂ©s par l’armĂ©e et les autoritĂ©s françaises, connaissent un sort tragique, ils sont le plus souvent massacrĂ©s. ConsidĂ©rĂ©s comme des collaborateurs » par les nationalistes algĂ©riens, oubliĂ©s voire mĂ©prisĂ©s par les pouvoirs publics français lorsqu’ils arrivent en mĂ©tropole, ils n’ont eu aucune place pendant trĂšs longtemps dans les cĂ©rĂ©monies de commĂ©morations en France. Ils rejettent la date du 19 mars 1962 comme commĂ©moration de la fin de la guerre d’AlgĂ©rie, car pour eux cette date marque le dĂ©but de massacres sanglants .... PubliĂ© ou mis Ă  jour le 2021-10-03 074851
Selonles autorités, 350 Français sont partis faire le jihad en Syrie ou en Irak. Un chiffre loin de la réalité, comme l'a constaté RMC. Bourdin Direct
Il y a ceux qui la respectent tellement qu’ils ne veulent pas la chanter et ceux qui la respectent tellement peu qu’ils l’instrumentalisent Ă  des fins politiques. L’affaire de la Marseillaise tourne Ă  la cacophonie. Contentons-nous d’aider chacun Ă  retrouver son harmonie en rappelant qu’une telle polĂ©mique n’a rien de trĂšs neuf. Elle est vieille comme le chant lui-mĂȘme. Contons-en en une brĂšve histoire. En 1789, la RĂ©volution française est tout amour. Elle envoie au genre humain sa "dĂ©claration des droits de l’homme" et ses nobles principes. En moins de deux ans, les choses tournent au vinaigre. Presque toutes les cours d’Europe, chauffĂ©es par les EmigrĂ©s - les nobles qui ont fui la France - rĂȘvent de ramener Ă  la raison ces aliĂ©nĂ©s qui ne respectent rien de ce qui tient le monde, ni les prĂȘtres, ni les rois. La suite aprĂšs la publicitĂ© A Vienne, des motifs familiaux rendent la question plus sensible qu’ailleurs LĂ©opold II, rĂ©gnant sous le vieux titre d'"Empereur du saint empire romain germanique", n’est autre que le frĂšre de Marie-Antoinette. Il meurt en mars 1792. Cela n’arrange rien François II, son successeur - le neveu de la reine de France - est encore plus exaltĂ© que lui. C’est nĂ©anmoins Paris qui tire en premier. Une curieuse coalition y pousse Ă  la guerre. Les girondins, qui sont au ministĂšre, et siĂšgent alors Ă  gauche de l’assemblĂ©e lĂ©gislative, veulent engager les hostilitĂ©s pour des motifs rĂ©volutionnaires ils espĂšrent que tous les peuples se rallieront au drapeau de la libertĂ© et jetteront d’eux mĂȘme leurs tyrans Ă  bas. Louis XVI, qui est toujours roi de France, accepte de la signer pour des raisons inverses il souhaite secrĂštement que son neveu d’Autriche viendra le dĂ©livrer. Rouget de Lisle et le salon du maire de Strasbourg Le 20 avril 1792, la France dĂ©clare la guerre au "roi de BohĂšme et de Hongrie", qui sont les titres officiels du moment de François d’Autriche. Bellone, dĂ©esse de la guerre, est de sortie. On l’attend donc Ă  l’est du pays. Quelques jours plus tard, Rouget de Lisle, un jeune officier qui tĂąte de la lyre, entonne dans le salon du maire de Strasbourg le grand air martial qu’il vient de composer pour tĂącher de galvaniser les troupes qui fonceront sur l’ennemi autrichien c’est le "chant de guerre de l’armĂ©e du Rhin". De toute la France affluent les engagĂ©s qui viennent la grossir. En juillet, des volontaires venus de Marseille passent par Paris. Ils y apprennent la chanson et se l’approprient Ă  un tel point que tout le monde croit qu’elle vient de chez eux. Le "chant de guerre" y trouve son nom. La "Marseillaise" est suite aprĂšs la publicitĂ© Les Ă©vĂ©nements se prĂ©cipitent. La peur de voir les Autrichiens et leurs nouveaux alliĂ©s prussiens envahir la capitale dĂ©clenche une fiĂšvre paranoĂŻaque. Le 10 aoĂ»t, des membres de la commune insurrectionnelle de Paris se saisissent du Roi et de sa famille et les mettent en prison. DĂ©but septembre, d’autres exaltĂ©s se rendent dans d'autres prisons pour y massacrer tous ceux qui, prĂȘtres ou aristocrates, y ressemblent Ă  des "ennemis du peuple" conspirant avec l’ennemi. Fin septembre, enfin un miracle. Les Français bloquent l’avancĂ©e prussienne sous le moulin de Valmy. Le lendemain, 21 septembre, la nouvelle assemblĂ©e qui vient d’ĂȘtre Ă©lue, que l’on appelle la Convention, vote Ă  l’unanimitĂ© l’abolition de la monarchie et la naissance de la RĂ©publique. Et tout cela s’est fait au son d'"Allons enfants", devenu le tube de l’étĂ© 92. On l’aura compris, de telles circonstances la marquent Ă  gauche et en font, dĂšs l’origine, un des chants les plus haĂŻs des partis de l’ordre et de la tradition. NapolĂ©on III, comme son oncle, la supprime En 1795, la Convention, toujours au pouvoir, fait de la Marseillaise le "chant national". Moins de dix ans plus tard, l’Empire la balaye. Trop exaltĂ©e, trop jacobine. Elle est remplacĂ©e au choix par le "chant du dĂ©part" ou, mieux encore, par "Veillons au salut de l’empire", un air douçùtre qui avait eu sa vogue quelques annĂ©es. 1814-1815, retour sur le trĂŽne des Bourbons Louis XVIII puis Charles X. On chante "Vive Henri IV", premier de la famille Ă  avoir eu la couronne. PortĂ© au pouvoir par la rĂ©volution de juillet 1830, le cousin Louis Philippe – qui, jeune homme, avait combattu Ă  Valmy- se sent obligĂ© de donner des gages Ă  sa gauche il fait Ă  nouveau jouer la suite aprĂšs la publicitĂ© Mais NapolĂ©on III, pour faire comme son oncle, la supprime Ă  nouveau. Il faut attendre la TroisiĂšme RĂ©publique pour qu’elle s’impose, mais avec quelles difficultĂ©s, lĂ  encore. La majoritĂ© arrivĂ©e au pouvoir en 1871 est de droite, elle attend le retour d’un roi. Elle ne veut pas de cette saloperie qui rappelle la premiĂšre fois oĂč on les a virĂ©s. Par rĂ©action, les rĂ©publicains, enfin au pouvoir, en font l’hymne officiel, en 1879. Mais les lignes bougent encore. En 1914, tout le monde entonne la Marseillaise A la fin du XIXe, une large partie de la gauche virant au socialisme en pince pour l’hymne du mouvement ouvrier, l’Internationale, Ă©crite par un communard, et composĂ©e par un ouvrier lillois d’origine belge. Par un mouvement de rotation inverse, la droite devient nationale, surtout quand la nation est en uniforme, dĂ©fend les valeurs d’ordre, et marche au pas. Comme elle aime l’armĂ©e, et que l’armĂ©e joue la Marseillaise, voilĂ  la droite qui chante aussi la Marseillaise. Seule l’extrĂȘme droite reste rĂ©ticente l’Action française de Charles Maurras est viscĂ©ralement monarchiste ; tout parfum de rĂ©volution la dĂ©range. Il faut 1914 et l’Union SacrĂ©e pour que de droite Ă  gauche, chacun l’entonne. Est-ce son ultime destin ? Au contraire ! Puisque dĂ©sormais elle appartient Ă  tout le monde, chacun peut l’envoyer Ă  la tĂȘte de l’autre. Et c’est ce qui se passe, avec une rĂ©gularitĂ© de mĂ©tronome, depuis prĂšs d’un siĂšcle. Faites le compte. Dans les annĂ©es 1920, les pacifistes ne l’aiment plus guĂšre, elle leur rappelle trop les patriotards dĂ©lirants, les "rossignols des carnages", comme on les appelait, qui les ont envoyĂ©s crever dans les tranchĂ©es. Mais face aux fascistes, dans les annĂ©es 1930, la gauche ranime les mĂąnes de l’an I de la RĂ©publique. Le grand film du Front populaire, sorti en 38, et signĂ© Jean Renoir, porte son nom c’est "La Marseillaise", la fresque qui en retrace l’histoire. 1940-44, la France collabo prĂ©fĂšre "marĂ©chal nous voilĂ ", au "jour de gloire est arrivĂ©". Des communistes aux partisans de De Gaulle, celle de la LibĂ©ration est unanime Ă  en refaire l’hymne officiel du nouveau rĂ©gime. Voici que les gaullistes, dans les annĂ©es 60, ont tendance Ă  la capter Ă  leur usage exclusif. Mai 68, par rĂ©action, a donc tendance Ă  la juger aussi datĂ©e qu’un ancien combattant Ă  mĂ©dailles. Et voilĂ , dix ans plus tard, que Gainsbourg la remet au goĂ»t du jour. Vous avez compris le principe ? Un coup Ă  droite, un coup Ă  gauche. Une partition Ă  deux temps. Les musiciens le savent. Pour une marche, c’est normal. François Reynaert - Le Nouvel Observateur traductionappelĂ©es les dans le dictionnaire Français - Français de Reverso, voir aussi 'appelĂ©',appel-sĂšve',appelette',appel', conjugaison, expressions idiomatiques Au XIXe siĂšcle, utiliser le français marque un statut social, tandis que le peuple parle les langues rĂ©gionales. Avec les enfants de son Ăąge JaurĂšs parle occitan sauf Ă  l’école oĂč on fait la chasse aux patois ». JaurĂšs n’emploie pas les termes Occitanie » ou occitan », mais Midi » et langue mĂ©ridionale ». Il utilise souvent le terme de patois » trĂšs utilisĂ© alors, terme qu’il mettra bientĂŽt entre guillemets. Il est Ă©lu dĂ©putĂ© du Tarn en 1885. C’est alors un rĂ©publicain modĂ©rĂ© d’éducation bourgeoise et trĂšs religieuse. Il affirme combattre les socialistes qui veulent remuer les pavĂ©s et les barricades et faire couler le sang des Français ». Il va dĂ©couvrir le monde des mineurs puis, enseignant Ă  l’universitĂ© de Toulouse, le prolĂ©tariat urbain. A Carmaux, se succĂšdent grĂšves et rĂ©pressions des mineurs et des verriers. C’est dans les annĂ©es 1889-1892 que JaurĂšs vient aux idĂ©es socialistes et se rĂ©clame du socialisme collectiviste et communiste qui veut transformer la propriĂ©tĂ© capitaliste en propriĂ©tĂ© socialiste ». Il a acquis la conviction que les prolĂ©taires sont seuls capables de se battre pour autre chose que pour eux-mĂȘmes, pour dĂ©saliĂ©ner toute la sociĂ©tĂ©. Et il parle ainsi des gens du Midi Nul n’a plus de respect que moi pour ces populations vaillantes qui depuis si longtemps luttent pour la RĂ©publique elles l’ont soutenue de leur vote aux heures difficiles ; elles l’ont soutenue de leur sang et de leur libertĂ© aux heures tragiques ; peu de rĂ©gions de France ont comptĂ© plus de combattants de l’idĂ©e rĂ©publicaine et plus de proscrits » la dĂ©pĂȘche du 18 mars 1897. Attachement Ă  la langue d'oc A cette Ă©poque, l’Eglise utilise les langues rĂ©gionales dans ses prĂȘches pour combattre les idĂ©es rĂ©publicaines, en particulier lors de la sĂ©paration des Eglises et de l’Etat. Certains, comme les radicaux, font alors l’amalgame entre cultures rĂ©gionales et idĂ©es rĂ©actionnaires. JaurĂšs a lu les troubadours et les auteurs occitans de son Ă©poque Mistral, Aubanel, FourĂšs
 Mais, enseignant de la IIIe RĂ©publique, il privilĂ©gie le français, avant d’affirmer son attachement Ă  la langue d’Oc. J’ai le goĂ»t le plus vif pour la langue et pour les Ɠuvres de notre Midi, du Limousin et du Rouergue au Languedoc et Ă  la Provence. J’aime entendre notre langue et j’aime la parler. Dans les rĂ©unions populaires les paysans et les ouvriers 
 aiment bien quand on leur a parlĂ© en français, qu’on s’adresse aussi Ă  eux dans notre langue du Midi. Cela crĂ©e entre celui qui parle et ceux qui Ă©coutent une intimitĂ© plus Ă©troite » la dĂ©pĂȘche du 27 septembre 1909. Pour lui, il faut partout reconnaitre et accepter la diversitĂ© ethnique, donc dĂ©fendre les cultures minoritaires qu’un Etat centralisateur s’efforce de gommer. Politiquement, il dĂ©fend aussi bien le pluralisme culturel des pays du Maghreb qu’il demande le dĂ©veloppement des cultures rĂ©gionales en France. La langue occitane doit ĂȘtre enseignĂ©e Pourquoi ne pas profiter de ce que la plupart des enfants de nos Ă©coles connaissent et parlent encore ce qu’on appelle d’un nom grossier le patois ». Ce ne serait pas nĂ©gliger le français ce serait le mieux apprendre, au contraire que de comparer familiĂšrement dans son vocabulaire, dans sa syntaxe, dans ses moyens d’expression avec le languedocien et le provençal. Ce serait, pour le peuple de la France du Midi, le sujet de l’étude linguistique la plus vivante, la plus familiĂšre, la plus fĂ©conde pour l’esprit. Par lĂ  serait exercĂ©e cette facultĂ© de comparaison et de discernement, cette habitude de saisir entre deux objets voisins les ressemblances et les diffĂ©rences, qui est le fond mĂȘme de l’intelligence. » Ce serait, pour les Ă©lĂšves, la rĂ©vĂ©lation que tout subsiste et que tout se transforme. Le parler de Rome a disparu, mais il demeure jusque dans le patois de nos paysans comme si leurs chaumiĂšres Ă©taient bĂąties avec les pierres des palais romains. 
 Il serait facile aux Ă©ducateurs, aux maĂźtres de nos Ă©coles de montrer comment aux XIIe et XIIIe siĂšcles, le dialecte du Midi Ă©tait un noble langage de courtoisie, de poĂ©sie et d’art ; comment il a perdu le gouvernement des esprits par la primautĂ© politique de la France du Nord, mais que de merveilleuses ressources subsistent en lui ! » la dĂ©pĂȘche du 15 aoĂ»t 1911 Au coeur du dĂ©bat les langues rĂ©gionales Il s’exprime Ă  nouveau dans la Revue de l’enseignement primaire du 15 octobre 1911 J’ai Ă©tĂ© frappĂ© de voir, au cours de mon voyage Ă  travers les pays latins que, en combinant le français et le languedocien, et par une certaine habitude des analogies, je comprenais en trĂšs peu de jours le portugais et l’espagnol. J’ai pu lire, comprendre et admirer au bout d’une semaine les grands poĂštes portugais. Dans les rues de Lisbonne, en entendant causer les passants, en lisant les enseignes, il me semblait ĂȘtre Ă  Albi ou Ă  Toulouse. Si, par la comparaison du français et du languedocien ou du provençal, les enfants du peuple, dans tout le Midi de la France, apprenaient Ă  trouver le mĂȘme mot sous deux formes un peu diffĂ©rentes, ils auraient bientĂŽt en main la clef qui leur ouvrirait, sans grands efforts, l’italien, le catalan, l’espagnol, le portugais. Et ils se sentiraient en harmonie naturelle, en communication aisĂ©e avec ce vaste monde des races latines, qui aujourd’hui, dans l’Europe mĂ©ridionale et dans l’AmĂ©rique du Sud dĂ©veloppe tant de forces et d’audacieuses espĂ©rances. Pour l’expansion Ă©conomique comme pour l’agrandissement intellectuel de la France du Midi, il y a lĂ  un problĂšme de la plus haute importance, et sur lequel je me permets d’appeler l’attention des instituteurs. » On ne peut que s’étonner, en cette annĂ©e marquant le centenaire de la disparition de Jean JaurĂšs, que ceux qui se proclament ses hĂ©ritiers n’aient pas encore ratifiĂ© la Charte europĂ©enne des langues minoritaires. La France est Ă  ce jour un des rares pays Ă  ne pas reconnaĂźtre les langues rĂ©gionales comme faisant partie du patrimoine culturel de l’Europe. Raymond BIZOT
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20/10/21 Ce mercredi 20 octobre, c’est le gouvernement français qui a rĂ©agi de la maniĂšre la plus officielle qui soit. InterrogĂ©e au cours d’un point de presse ordinaire, la porte-parole du ministĂšre français des Affaires Ă©trangĂšres Quai d’Orsay a rĂ©clamĂ© le respect de la souverainetĂ© » de son pays par l’AlgĂ©rie. Elle a indiquĂ© que le ministre français des Affaires Ă©trangĂšres a rappelĂ© la semaine derniĂšre le profond attachement de la France au respect de la souverainetĂ© algĂ©rienne. Avant de renvoyer la balle aux autoritĂ©s algĂ©riennes, qui ont rĂ©clamĂ© le respect de la souverainetĂ© du pays aprĂšs les propos de Macron. Il va de soi que nous attendons aussi de tous nos partenaires le respect de notre souverainetĂ© », a dĂ©clarĂ© la porte-parole. TSA 17/10/21 L’ambassadeur d’AlgĂ©rie en France, Mohamed Antar Daoud, a soulignĂ© l’importance d’encourager la communautĂ© algĂ©rienne Ă©tablie en France Ă  investir dans son pays d’origine, Ă  travers la facilitation des procĂ©dures et mettre un terme Ă  la bureaucratie. “Je dis que la double, la triple ou la quadruple nationalitĂ© doit constituer un atout pour les AlgĂ©riens 
. Et il nous appartient de faire en sorte que ceux qui veulent investir en AlgĂ©rie ne soient pas confrontĂ©s Ă  un parcours du combattant“, a dĂ©clarĂ© M. Daoud lors du Forum d’El Moudjahid consacrĂ© Ă  la commĂ©moration des massacres du 17 octobre 1961, appelant Ă  “dĂ©noncer la bureaucratie Ă  tous les niveaux“. “Il est inadmissible que l’AlgĂ©rie qui possĂšde la plus grande communautĂ© Ă©trangĂšre en France avec 18 consulats, ne puisse pas constituer un levier de commande pour intervenir non seulement dans la politique algĂ©rienne, mais aussi au niveau de la politique française“, a-t-il dĂ©clarĂ©, insistant sur le fait que “l’AlgĂ©rie a besoin de tous ses enfants“. [
] “La communautĂ© AlgĂ©rienne en France est une communautĂ© engagĂ©e auprĂšs de son pays”, a-t-il dit, relevant notamment le travail effectuĂ© par l’Amicale des AlgĂ©riens en Europe, au lendemain de l’indĂ©pendance du pays. Certains avancent le chiffre de 5 millions, mais personne ne connait le nombre de Français ayant des origines algĂ©riennes, la loi dans ce pays interdisant les statistiques ethniques». On sait en revanche que le poids de la diaspora algĂ©rienne n’est pas nĂ©gligeable. [
] En France, bien qu’il n’existe pas de mouvement des AlgĂ©riens dans ce pays, les membres de la communautĂ© sont toutefois courtisĂ©s pour leur poids Ă©lectoral. En 2017, juste avant l’élection prĂ©sidentielle, Emmanuel Macron s’est rendu Ă  Alger oĂč il a qualifiĂ© le colonialisme de crime contre l’humanitĂ© ». Un geste que les analystes expliquent comme un clin d’Ɠil Ă  la forte communautĂ© algĂ©rienne de France. Bien qu’on l’accuse de rĂ©tropĂ©dalage pour tenter d’enrayer la montĂ©e du courant extrĂ©miste en tenant ses propos controversĂ©s du 30 septembre dernier, Macron sait qu’il ne peut pas complĂštement tourner le dos aux AlgĂ©riens de France, pour les besoins de sa réélection mais aussi pour empĂȘcher les relations avec l’AlgĂ©rie de se dĂ©grader davantage. [
] Nous avons besoin d’une relation apaisĂ©e et ambitieuse oĂč nous serons au premier rang et non plus des spectateurs car nous sommes le trait d’union naturel, rĂ©sume Farid. On continue de faire sans nous et cela ne peut pas marcher ». En remettant en cause l’existence de la nation algĂ©rienne avant la colonisation française, Emmanuel Macron a rĂ©ussi Ă  irriter au mĂȘme les AlgĂ©riens et les Franco-algĂ©riens, y compris les adversaires politiques du pouvoir algĂ©rien. Il a touchĂ© Ă  leur identitĂ©. Le prĂ©sident Macron doit clarifier sa position et rectifier le tir s’il veut sĂ©duire la diaspora qui peut jouer un rĂŽle clĂ© dans la crise actuelle entre les deux pays, et en prĂ©vision de la prĂ©sidentielle français du printemps prochain. [
] TSA

Partagezl'exposition : Le 11 novembre 1918 met un terme à la PremiÚre Guerre mondiale, conflit sans précédent qui, avec son cortÚge d'horreurs industrielles, fait entrer le monde dans le XXe siÚcle. Pendant quatre ans, des milliers de chansons sont écrites pour dire cette guerre. Les Français chantent avec enthousiasme, avec désespoir

TÉMOIGNAGE - Peu aprĂšs l'annonce de Claude GuĂ©ant d'un durcissement des critĂšres d'attribution de la nationalitĂ©, a rencontrĂ© une jeune femme devenue française en 2008. Dossiers administratifs, rendez-vous Ă  la prĂ©fecture, et changement de prĂ©nom, elle Ă©voque ses trois annĂ©es de juillet, le ministre de l'IntĂ©rieur Claude GuĂ©ant a annoncĂ© un durcissement des conditions d'accĂšs Ă  la nationalitĂ© française pour les Ă©trangers. Les prĂ©fets doivent dĂ©sormais s'assurer que le postulant adhĂšre complĂštement Ă  notre style de vie, qu'il a bien intĂ©grĂ© nos principes rĂ©publicains les plus fondamentaux, et qu'il maĂźtrise le français.» Le ministĂšre souhaite ainsi que les postulants Ă  la nationalitĂ© française aient un niveau qui soit celui que l'on maĂźtrise au collĂšge», et que les prĂ©fets soient plus vigilants, plus exigeants, sur les critĂšres de l'assimilation ... pour entrer dans la nationalité».Comment se passait jusqu'Ă  prĂ©sent la procĂ©dure pour devenir français ? Quelles sont les diffĂ©rentes Ă©tapes Ă  valider pour les postulants ? a rencontrĂ© Elena*, 30 ans, qui a obtenu sa nationalitĂ© française en 2008 aprĂšs prĂšs de trois annĂ©es de procĂ©dure administrative. La jeune femme, qui travaille dans le milieu de la publicitĂ© et de la communication, a bien voulu tĂ©moigner de son française pour mon mĂ©tierJe n'ai pas demandĂ© la nationalitĂ© française par patriotisme. Je ne me sens pas liĂ©e Ă  un pays en particulier, et j'aurais pu continuer de vivre en France, comme je le fais avec ma famille depuis 1991, en renouvelant ma carte de sĂ©jour chaque annĂ©e. Si j'ai demandĂ© Ă  ĂȘtre Française, c'est pour pouvoir pleinement exercer mon travail de rĂ©alisatrice indĂ©pendante m'amĂšne Ă  devoir faire de nombreux tournages Ă  l'Ă©tranger. Mais combien de fois ai-je dĂ» renoncer Ă  un contrat pour des problĂšmes de papiers? Pour les États-Unis, les Français n'ont pas besoin de visa. Moi par contre, avec ma nationalitĂ© africaine, il faut que je fasse des dĂ©marches auprĂšs de l'ambassade amĂ©ricaine. Et c'est trop long pour que je puisse honorer un contrat de derniĂšre cas de figure s'est rĂ©pĂ©tĂ© de nombreuses fois, mettant en difficultĂ© ma carriĂšre. MĂȘme pour une escale technique, il me faut un visa. Cette situation commençait Ă  me fatiguer, tout comme mon Ă©norme dossier Ă  refaire tous les ans pour ma carte de sĂ©jour. Puisque je vivais en France depuis l'Ăąge de 10 ans, que j'y avais un mĂ©tier, un compagnon, et que je n'avais aucune raison ni intention de retourner dans mon pays natal, j'ai dĂ©cidĂ© de demander fin 2005 la nationalitĂ© française.Il va falloir rentrer chez vous»J'avais dĂ©jĂ  eu affaire Ă  l'administration prĂ©fectorale en 2003, Ă  la fin de mes Ă©tudes. Si les Ă©trangers ont facilement des papiers lorsqu'ils sont mineurs ou Ă©tudiants, il leur faut impĂ©rativement un visa spĂ©cial pour travailler sur le territoire dans laquelle je faisais alors mon stage de fin d'Ă©tudes voulait m'embaucher. Ravie sur le coup, j'ai dĂ©couvert par la suite les dĂ©marches pour obtenir un visa travailleur mon entreprise devait verser pas moins de 3000 euros de frais, et justifier pourquoi elle m'embaucherait moi plutĂŽt qu'un Français. Je me suis dit c'est foutu, ils ne paieront jamais pour me garder». À ma grande surprise, mon patron a signĂ© le chĂšque couperet est tombĂ© quelques semaines plus tard. Mademoiselle, des milliers de Français voudraient votre travail. Vous n'aurez pas votre visa.» DĂ©pitĂ©e, j'ai fait la queue plusieurs heures Ă  la prĂ©fecture de Nanterre pour connaĂźtre les autres alternatives afin de garder mon emploi. La personne du guichet m'a rĂ©pondu avec un sourire narquois que je ne suis pas prĂȘte d'oublier Eh bien, il va falloir rentrer chez vous !» J'Ă©tais estomaquĂ©e. Toutes mes attaches sont en France. L'Afrique, c'est voyage en territoire inconnu».Je ne voulais plus avoir affaire Ă  la prĂ©fecture de Nanterre. Heureusement, des amis m'ont orientĂ© vers la prĂ©fecture de Paris, connue pour ĂȘtre plus humaine» avec les Ă©trangers. Mes parents possĂšdent un appartement dans la capitale, et j'ai donc prĂ©tendu y vivre pour pouvoir faire mes dĂ©marches. LĂ  bas, on m'a parlĂ© du regroupement familial, chose qui n'avait jamais Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e Ă  Nanterre. Il me permettait d'avoir facilement un titre de sĂ©jour Ă  renouveller chaque temps que les dĂ©marches aboutissent, j'ai nĂ©anmoins dĂ» accepter d'ĂȘtre payĂ©e 500 euros par mois par mon entreprise, et d'ĂȘtre dĂ©clarĂ©e comme stagiaire. Mon visa d'Ă©tudiante Ă©tait toujours valable, mais il ne permettait pas de travailler avec un salaire dĂ©passant un demi-Smic. Avec cette astuce, l'administration me considĂ©rait toujours comme Ă©tudiante, et ne pouvait pas m'expulser. Cette situation a durĂ© six de bonnes vies et moeurs Ă  la prĂ©fectureRetour en 2005. Je dĂ©pose Ă  la prĂ©fecture de Paris un dossier de naturalisation. J'y sors toute ma vie. Acte de naissance des parents, livret de famille, impĂŽts, certificats de travail, factures EDF de tous les logements que j'ai occupĂ© avec ma famille, certificat de la banque comme quoi le compte tourne bien ... Il faut absolument prouver que sa vie est en France. Et gare s'il manque une piĂšce !L'administration met environ six mois avant d'envoyer un courrier indiquant si le dossier est valable ou non. S'il manque un seul document, il faut tout recommencer ... et repartir pour une attente de six mois. J'avais pris mon temps pour rendre un dossier impeccable, en classant les papiers dans l'ordre avec une jolie Ă©tiquette de couleur pour les impĂŽts, EDF ... Mon dossier Ă©tait tellement beau, ils ne pouvaient que l'accepter ! riresPendant ces six mois d'attente, on n'a absolument aucune nouvelle de son dossier. À l'automne 2006, j'ai fini par recevoir la lettre validant mon dossier, avec un numĂ©ro associĂ©. Mais si tu appelles pour savoir oĂč en est la procĂ©dure, on te rĂ©pond c'est sur la pile». Tu deviens fou ! riresLa prĂ©fecture finit par me donner rendez-vous pour une Ă©tude de bonnes vies et moeurs». Les agents font une enquĂȘte sur les aspirants français, pour vĂ©rifier s'ils n'ont pas Ă©tĂ© condamnĂ©s dans le passĂ©, et qu'ils sont de bons citoyens». Personnellement, j'ai passĂ© mon entretien dans une cellule au sous-sol de l'Ă©tablissement par manque de place. PlutĂŽt cocasse ! On m'a posĂ© mille questions sur ma vie, par exemple si je faisais partie d'associations de quartier. À la fin, les agents me lancent rendez-vous dans six mois.» Nous sommes fin Elena Ă  HĂ©lĂšneL'administration me relance courant 2007 pour un petit souci» dans mon dossier. Si je veux devenir française, je ne peux plus m'appeler Elena. C'est un prĂ©nom d'origine russe, ça ne passera pas», m'explique-t-on au tĂ©lĂ©phone. J'avoue ne pas comprendre, puisque mes deux autres prĂ©noms, typiquement africains, sont acceptĂ©s sans je suis tellement fatiguĂ©e des dĂ©marches, j'en ai tellement assez de rater des contrats professionnels Ă  l'Ă©tranger... Je vois mes collĂšgues partir faire des tournages au BrĂ©sil, aux États-Unis. J'obtempĂšre et signe des documents pour changer de prĂ©nom. Officiellement, je m'appelle dĂ©sormais HĂ©lĂšne. Si je veux redevenir Elena, je dois me lancer dans une nouvelle procĂ©dure de deux ans. Pas la force, pas l'envie. Va pour vais devoir attendre une annĂ©e supplĂ©mentaire avant d'obtenir un passeport français. Entre temps, ma naturalisation est parue par dĂ©cret au Journal officiel. J'ai pour instruction de traverser tout Paris pour acheter cette publication, et de faire le chemin en sens inverse pour montrer le document Ă  la prĂ©fecture. À un moment, tu ne cherches mĂȘme plus Ă  comprendre la logique de l'administration. De toute façon quand tu demandes, on te rĂ©pond on ne sait pas, c'est comme ça».CĂ©rĂ©monie officielle Ă  la prĂ©fectureEn juillet 2008, prĂšs de trois ans aprĂšs le dĂ©pot de mon dossier, je me retrouve au milieu d'une trentaine de personnes Ă  la prĂ©fecture de Paris pour ma cĂ©rĂ©monie d'accueil dans la citoyennetĂ© française». Ça y est, je vais ĂȘtre Française. Quasiment tous sont venus en famille, sauf moi. Le vilain petit canard de la cĂ©rĂ©monie rires.Je ne m'attendais pas du tout Ă  une rĂ©ception de ce genre. Une remise de diplĂŽme Ă  l'amĂ©ricaine ! On t'appelle Ă  l'estrade pour recevoir tes documents officiels, tu poses devant le buste de Marianne, tout le monde applaudit... Ça a un cĂŽtĂ© trĂšs grandiloquent, comme si c'Ă©tait ton nous fait visionner une vidĂ©o d'Ă©ducation civique vieillotte sur les droits et les devoirs des Français. Puis nous devons chanter la Marseillaise. Sauf que personne ne nous a jamais expliquĂ© l'origine et le sens de ce chant. Pour moi ça n'a pas de sens, tout comme la cĂ©rĂ©monie. J'ai l'impression que c'est un truc fait pour les journalistes, histoire de dire regardez comme on fait ça bien».Je ne dis pas que la cĂ©rĂ©monie est mauvaise et qu'elle ne devrait pas exister, mais elle m'a laissĂ© une impression de malaise. Comme si on cherchait Ă  nous dire maintenant que vous ĂȘtes de l'autre cĂŽtĂ© de la barriĂšre, il va falloir bien se comporter et ne pas brĂ»ler des poubelles en sortant». Mais pour moi, il n'y a pas de bons citoyens français». Il y a de bons citoyens tout j'ai enfin mon dĂ©cret de naturalisation. Avec lui, je peux obtenir des papiers d'identitĂ© français. Je me suis prĂ©cipitĂ©e Ă  la mairie pour avoir un passeport tricolore. Avec HĂ©lĂšne» en prĂ©nom ma naturalisation, j'ai pu voyager dans le monde entier sans obstacles, et faire tous les projets professionnels qui me tenaient Ă  coeur. J'en suis vraiment reconnaissante, mĂȘme si le chemin a Ă©tĂ© long».* le prĂ©nom a Ă©tĂ© modifiĂ©Ce qui a changĂ© depuis 2008Depuis qu'Elena est devenue française, le gouvernement a renforcĂ© les exigences pour obtenir le dĂ©cret de naturalisation. Les critĂšres requis portent essentiellement sur la maĂźtrise du français et la connaissance de la culture et des valeurs du loi du 16 juin 2011 stipule ainsi que nul ne peut ĂȘtre naturalisĂ© s'il ne justifie de son assimilation Ă  la communautĂ© française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue, de l'histoire, de la culture et de la sociĂ©tĂ© françaises dont le niveau et les modalitĂ©s d'Ă©valuation sont fixĂ©s par dĂ©cret en Conseil d'Etat». L'aspirant français doit Ă©galement connaĂźtre les droits et devoirs confĂ©rĂ©s par la nationalité» et adhĂ©rer aux principes et valeurs essentiels de la RĂ©publique».Pour entamer ses dĂ©marches, la personne Ă©trangĂšre doit justifier de cinq annĂ©es de prĂ©sence en France. Ce dĂ©lai est rĂ©duit Ă  deux anspour les personnes ayant accompli deux annĂ©es d'Ă©tudes en France, celui qui a rendu ou peut rendre par sa capacitĂ© et ses talents des services importants Ă  la France», et les Ă©trangers prĂ©sentant un parcours exceptionnel d'intĂ©gration» dans les domaines civique, scientifique, Ă©conomique, culturel ou sportif.» Ce dĂ©lai est supprimĂ© pour les personnes ayant servi dans l'armĂ©e française, ou Ă©tant ressortissante d'un pays dont la langue officielle est le français. . 92 355 220 179 190 222 179 371

dans la marseillaise comment sont appelés les combattants français