20/10/21 Ce mercredi 20 octobre, câest le gouvernement français qui a rĂ©agi de la maniĂšre la plus officielle qui soit. InterrogĂ©e au cours dâun point de presse ordinaire, la porte-parole du ministĂšre français des Affaires Ă©trangĂšres Quai dâOrsay a rĂ©clamĂ© le respect de la souverainetĂ© » de son pays par lâAlgĂ©rie. Elle a indiquĂ© que le ministre français des Affaires Ă©trangĂšres a rappelĂ© la semaine derniĂšre le profond attachement de la France au respect de la souverainetĂ© algĂ©rienne. Avant de renvoyer la balle aux autoritĂ©s algĂ©riennes, qui ont rĂ©clamĂ© le respect de la souverainetĂ© du pays aprĂšs les propos de Macron. Il va de soi que nous attendons aussi de tous nos partenaires le respect de notre souverainetĂ© », a dĂ©clarĂ© la porte-parole. TSA 17/10/21 Lâambassadeur dâAlgĂ©rie en France, Mohamed Antar Daoud, a soulignĂ© lâimportance dâencourager la communautĂ© algĂ©rienne Ă©tablie en France Ă investir dans son pays dâorigine, Ă travers la facilitation des procĂ©dures et mettre un terme Ă la bureaucratie. âJe dis que la double, la triple ou la quadruple nationalitĂ© doit constituer un atout pour les AlgĂ©riens âŠ. Et il nous appartient de faire en sorte que ceux qui veulent investir en AlgĂ©rie ne soient pas confrontĂ©s Ă un parcours du combattantâ, a dĂ©clarĂ© M. Daoud lors du Forum dâEl Moudjahid consacrĂ© Ă la commĂ©moration des massacres du 17 octobre 1961, appelant Ă âdĂ©noncer la bureaucratie Ă tous les niveauxâ. âIl est inadmissible que lâAlgĂ©rie qui possĂšde la plus grande communautĂ© Ă©trangĂšre en France avec 18 consulats, ne puisse pas constituer un levier de commande pour intervenir non seulement dans la politique algĂ©rienne, mais aussi au niveau de la politique françaiseâ, a-t-il dĂ©clarĂ©, insistant sur le fait que âlâAlgĂ©rie a besoin de tous ses enfantsâ. [âŠ] âLa communautĂ© AlgĂ©rienne en France est une communautĂ© engagĂ©e auprĂšs de son paysâ, a-t-il dit, relevant notamment le travail effectuĂ© par lâAmicale des AlgĂ©riens en Europe, au lendemain de lâindĂ©pendance du pays. Certains avancent le chiffre de 5 millions, mais personne ne connait le nombre de Français ayant des origines algĂ©riennes, la loi dans ce pays interdisant les statistiques ethniques». On sait en revanche que le poids de la diaspora algĂ©rienne nâest pas nĂ©gligeable. [âŠ] En France, bien quâil nâexiste pas de mouvement des AlgĂ©riens dans ce pays, les membres de la communautĂ© sont toutefois courtisĂ©s pour leur poids Ă©lectoral. En 2017, juste avant lâĂ©lection prĂ©sidentielle, Emmanuel Macron sâest rendu Ă Alger oĂč il a qualifiĂ© le colonialisme de crime contre lâhumanitĂ© ». Un geste que les analystes expliquent comme un clin dâĆil Ă la forte communautĂ© algĂ©rienne de France. Bien quâon lâaccuse de rĂ©tropĂ©dalage pour tenter dâenrayer la montĂ©e du courant extrĂ©miste en tenant ses propos controversĂ©s du 30 septembre dernier, Macron sait quâil ne peut pas complĂštement tourner le dos aux AlgĂ©riens de France, pour les besoins de sa réélection mais aussi pour empĂȘcher les relations avec lâAlgĂ©rie de se dĂ©grader davantage. [âŠ] Nous avons besoin dâune relation apaisĂ©e et ambitieuse oĂč nous serons au premier rang et non plus des spectateurs car nous sommes le trait dâunion naturel, rĂ©sume Farid. On continue de faire sans nous et cela ne peut pas marcher ». En remettant en cause lâexistence de la nation algĂ©rienne avant la colonisation française, Emmanuel Macron a rĂ©ussi Ă irriter au mĂȘme les AlgĂ©riens et les Franco-algĂ©riens, y compris les adversaires politiques du pouvoir algĂ©rien. Il a touchĂ© Ă leur identitĂ©. Le prĂ©sident Macron doit clarifier sa position et rectifier le tir sâil veut sĂ©duire la diaspora qui peut jouer un rĂŽle clĂ© dans la crise actuelle entre les deux pays, et en prĂ©vision de la prĂ©sidentielle français du printemps prochain. [âŠ] TSA
Partagezl'exposition : Le 11 novembre 1918 met un terme à la PremiÚre Guerre mondiale, conflit sans précédent qui, avec son cortÚge d'horreurs industrielles, fait entrer le monde dans le XXe siÚcle. Pendant quatre ans, des milliers de chansons sont écrites pour dire cette guerre. Les Français chantent avec enthousiasme, avec désespoir
TĂMOIGNAGE - Peu aprĂšs l'annonce de Claude GuĂ©ant d'un durcissement des critĂšres d'attribution de la nationalitĂ©, a rencontrĂ© une jeune femme devenue française en 2008. Dossiers administratifs, rendez-vous Ă la prĂ©fecture, et changement de prĂ©nom, elle Ă©voque ses trois annĂ©es de juillet, le ministre de l'IntĂ©rieur Claude GuĂ©ant a annoncĂ© un durcissement des conditions d'accĂšs Ă la nationalitĂ© française pour les Ă©trangers. Les prĂ©fets doivent dĂ©sormais s'assurer que le postulant adhĂšre complĂštement Ă notre style de vie, qu'il a bien intĂ©grĂ© nos principes rĂ©publicains les plus fondamentaux, et qu'il maĂźtrise le français.» Le ministĂšre souhaite ainsi que les postulants Ă la nationalitĂ© française aient un niveau qui soit celui que l'on maĂźtrise au collĂšge», et que les prĂ©fets soient plus vigilants, plus exigeants, sur les critĂšres de l'assimilation ... pour entrer dans la nationalité».Comment se passait jusqu'Ă prĂ©sent la procĂ©dure pour devenir français ? Quelles sont les diffĂ©rentes Ă©tapes Ă valider pour les postulants ? a rencontrĂ© Elena*, 30 ans, qui a obtenu sa nationalitĂ© française en 2008 aprĂšs prĂšs de trois annĂ©es de procĂ©dure administrative. La jeune femme, qui travaille dans le milieu de la publicitĂ© et de la communication, a bien voulu tĂ©moigner de son française pour mon mĂ©tierJe n'ai pas demandĂ© la nationalitĂ© française par patriotisme. Je ne me sens pas liĂ©e Ă un pays en particulier, et j'aurais pu continuer de vivre en France, comme je le fais avec ma famille depuis 1991, en renouvelant ma carte de sĂ©jour chaque annĂ©e. Si j'ai demandĂ© Ă ĂȘtre Française, c'est pour pouvoir pleinement exercer mon travail de rĂ©alisatrice indĂ©pendante m'amĂšne Ă devoir faire de nombreux tournages Ă l'Ă©tranger. Mais combien de fois ai-je dĂ» renoncer Ă un contrat pour des problĂšmes de papiers? Pour les Ătats-Unis, les Français n'ont pas besoin de visa. Moi par contre, avec ma nationalitĂ© africaine, il faut que je fasse des dĂ©marches auprĂšs de l'ambassade amĂ©ricaine. Et c'est trop long pour que je puisse honorer un contrat de derniĂšre cas de figure s'est rĂ©pĂ©tĂ© de nombreuses fois, mettant en difficultĂ© ma carriĂšre. MĂȘme pour une escale technique, il me faut un visa. Cette situation commençait Ă me fatiguer, tout comme mon Ă©norme dossier Ă refaire tous les ans pour ma carte de sĂ©jour. Puisque je vivais en France depuis l'Ăąge de 10 ans, que j'y avais un mĂ©tier, un compagnon, et que je n'avais aucune raison ni intention de retourner dans mon pays natal, j'ai dĂ©cidĂ© de demander fin 2005 la nationalitĂ© française.Il va falloir rentrer chez vous»J'avais dĂ©jĂ eu affaire Ă l'administration prĂ©fectorale en 2003, Ă la fin de mes Ă©tudes. Si les Ă©trangers ont facilement des papiers lorsqu'ils sont mineurs ou Ă©tudiants, il leur faut impĂ©rativement un visa spĂ©cial pour travailler sur le territoire dans laquelle je faisais alors mon stage de fin d'Ă©tudes voulait m'embaucher. Ravie sur le coup, j'ai dĂ©couvert par la suite les dĂ©marches pour obtenir un visa travailleur mon entreprise devait verser pas moins de 3000 euros de frais, et justifier pourquoi elle m'embaucherait moi plutĂŽt qu'un Français. Je me suis dit c'est foutu, ils ne paieront jamais pour me garder». Ă ma grande surprise, mon patron a signĂ© le chĂšque couperet est tombĂ© quelques semaines plus tard. Mademoiselle, des milliers de Français voudraient votre travail. Vous n'aurez pas votre visa.» DĂ©pitĂ©e, j'ai fait la queue plusieurs heures Ă la prĂ©fecture de Nanterre pour connaĂźtre les autres alternatives afin de garder mon emploi. La personne du guichet m'a rĂ©pondu avec un sourire narquois que je ne suis pas prĂȘte d'oublier Eh bien, il va falloir rentrer chez vous !» J'Ă©tais estomaquĂ©e. Toutes mes attaches sont en France. L'Afrique, c'est voyage en territoire inconnu».Je ne voulais plus avoir affaire Ă la prĂ©fecture de Nanterre. Heureusement, des amis m'ont orientĂ© vers la prĂ©fecture de Paris, connue pour ĂȘtre plus humaine» avec les Ă©trangers. Mes parents possĂšdent un appartement dans la capitale, et j'ai donc prĂ©tendu y vivre pour pouvoir faire mes dĂ©marches. LĂ bas, on m'a parlĂ© du regroupement familial, chose qui n'avait jamais Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e Ă Nanterre. Il me permettait d'avoir facilement un titre de sĂ©jour Ă renouveller chaque temps que les dĂ©marches aboutissent, j'ai nĂ©anmoins dĂ» accepter d'ĂȘtre payĂ©e 500 euros par mois par mon entreprise, et d'ĂȘtre dĂ©clarĂ©e comme stagiaire. Mon visa d'Ă©tudiante Ă©tait toujours valable, mais il ne permettait pas de travailler avec un salaire dĂ©passant un demi-Smic. Avec cette astuce, l'administration me considĂ©rait toujours comme Ă©tudiante, et ne pouvait pas m'expulser. Cette situation a durĂ© six de bonnes vies et moeurs Ă la prĂ©fectureRetour en 2005. Je dĂ©pose Ă la prĂ©fecture de Paris un dossier de naturalisation. J'y sors toute ma vie. Acte de naissance des parents, livret de famille, impĂŽts, certificats de travail, factures EDF de tous les logements que j'ai occupĂ© avec ma famille, certificat de la banque comme quoi le compte tourne bien ... Il faut absolument prouver que sa vie est en France. Et gare s'il manque une piĂšce !L'administration met environ six mois avant d'envoyer un courrier indiquant si le dossier est valable ou non. S'il manque un seul document, il faut tout recommencer ... et repartir pour une attente de six mois. J'avais pris mon temps pour rendre un dossier impeccable, en classant les papiers dans l'ordre avec une jolie Ă©tiquette de couleur pour les impĂŽts, EDF ... Mon dossier Ă©tait tellement beau, ils ne pouvaient que l'accepter ! riresPendant ces six mois d'attente, on n'a absolument aucune nouvelle de son dossier. Ă l'automne 2006, j'ai fini par recevoir la lettre validant mon dossier, avec un numĂ©ro associĂ©. Mais si tu appelles pour savoir oĂč en est la procĂ©dure, on te rĂ©pond c'est sur la pile». Tu deviens fou ! riresLa prĂ©fecture finit par me donner rendez-vous pour une Ă©tude de bonnes vies et moeurs». Les agents font une enquĂȘte sur les aspirants français, pour vĂ©rifier s'ils n'ont pas Ă©tĂ© condamnĂ©s dans le passĂ©, et qu'ils sont de bons citoyens». Personnellement, j'ai passĂ© mon entretien dans une cellule au sous-sol de l'Ă©tablissement par manque de place. PlutĂŽt cocasse ! On m'a posĂ© mille questions sur ma vie, par exemple si je faisais partie d'associations de quartier. Ă la fin, les agents me lancent rendez-vous dans six mois.» Nous sommes fin Elena Ă HĂ©lĂšneL'administration me relance courant 2007 pour un petit souci» dans mon dossier. Si je veux devenir française, je ne peux plus m'appeler Elena. C'est un prĂ©nom d'origine russe, ça ne passera pas», m'explique-t-on au tĂ©lĂ©phone. J'avoue ne pas comprendre, puisque mes deux autres prĂ©noms, typiquement africains, sont acceptĂ©s sans je suis tellement fatiguĂ©e des dĂ©marches, j'en ai tellement assez de rater des contrats professionnels Ă l'Ă©tranger... Je vois mes collĂšgues partir faire des tournages au BrĂ©sil, aux Ătats-Unis. J'obtempĂšre et signe des documents pour changer de prĂ©nom. Officiellement, je m'appelle dĂ©sormais HĂ©lĂšne. Si je veux redevenir Elena, je dois me lancer dans une nouvelle procĂ©dure de deux ans. Pas la force, pas l'envie. Va pour vais devoir attendre une annĂ©e supplĂ©mentaire avant d'obtenir un passeport français. Entre temps, ma naturalisation est parue par dĂ©cret au Journal officiel. J'ai pour instruction de traverser tout Paris pour acheter cette publication, et de faire le chemin en sens inverse pour montrer le document Ă la prĂ©fecture. Ă un moment, tu ne cherches mĂȘme plus Ă comprendre la logique de l'administration. De toute façon quand tu demandes, on te rĂ©pond on ne sait pas, c'est comme ça».CĂ©rĂ©monie officielle Ă la prĂ©fectureEn juillet 2008, prĂšs de trois ans aprĂšs le dĂ©pot de mon dossier, je me retrouve au milieu d'une trentaine de personnes Ă la prĂ©fecture de Paris pour ma cĂ©rĂ©monie d'accueil dans la citoyennetĂ© française». Ăa y est, je vais ĂȘtre Française. Quasiment tous sont venus en famille, sauf moi. Le vilain petit canard de la cĂ©rĂ©monie rires.Je ne m'attendais pas du tout Ă une rĂ©ception de ce genre. Une remise de diplĂŽme Ă l'amĂ©ricaine ! On t'appelle Ă l'estrade pour recevoir tes documents officiels, tu poses devant le buste de Marianne, tout le monde applaudit... Ăa a un cĂŽtĂ© trĂšs grandiloquent, comme si c'Ă©tait ton nous fait visionner une vidĂ©o d'Ă©ducation civique vieillotte sur les droits et les devoirs des Français. Puis nous devons chanter la Marseillaise. Sauf que personne ne nous a jamais expliquĂ© l'origine et le sens de ce chant. Pour moi ça n'a pas de sens, tout comme la cĂ©rĂ©monie. J'ai l'impression que c'est un truc fait pour les journalistes, histoire de dire regardez comme on fait ça bien».Je ne dis pas que la cĂ©rĂ©monie est mauvaise et qu'elle ne devrait pas exister, mais elle m'a laissĂ© une impression de malaise. Comme si on cherchait Ă nous dire maintenant que vous ĂȘtes de l'autre cĂŽtĂ© de la barriĂšre, il va falloir bien se comporter et ne pas brĂ»ler des poubelles en sortant». Mais pour moi, il n'y a pas de bons citoyens français». Il y a de bons citoyens tout j'ai enfin mon dĂ©cret de naturalisation. Avec lui, je peux obtenir des papiers d'identitĂ© français. Je me suis prĂ©cipitĂ©e Ă la mairie pour avoir un passeport tricolore. Avec HĂ©lĂšne» en prĂ©nom ma naturalisation, j'ai pu voyager dans le monde entier sans obstacles, et faire tous les projets professionnels qui me tenaient Ă coeur. J'en suis vraiment reconnaissante, mĂȘme si le chemin a Ă©tĂ© long».* le prĂ©nom a Ă©tĂ© modifiĂ©Ce qui a changĂ© depuis 2008Depuis qu'Elena est devenue française, le gouvernement a renforcĂ© les exigences pour obtenir le dĂ©cret de naturalisation. Les critĂšres requis portent essentiellement sur la maĂźtrise du français et la connaissance de la culture et des valeurs du loi du 16 juin 2011 stipule ainsi que nul ne peut ĂȘtre naturalisĂ© s'il ne justifie de son assimilation Ă la communautĂ© française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue, de l'histoire, de la culture et de la sociĂ©tĂ© françaises dont le niveau et les modalitĂ©s d'Ă©valuation sont fixĂ©s par dĂ©cret en Conseil d'Etat». L'aspirant français doit Ă©galement connaĂźtre les droits et devoirs confĂ©rĂ©s par la nationalité» et adhĂ©rer aux principes et valeurs essentiels de la RĂ©publique».Pour entamer ses dĂ©marches, la personne Ă©trangĂšre doit justifier de cinq annĂ©es de prĂ©sence en France. Ce dĂ©lai est rĂ©duit Ă deux anspour les personnes ayant accompli deux annĂ©es d'Ă©tudes en France, celui qui a rendu ou peut rendre par sa capacitĂ© et ses talents des services importants Ă la France», et les Ă©trangers prĂ©sentant un parcours exceptionnel d'intĂ©gration» dans les domaines civique, scientifique, Ă©conomique, culturel ou sportif.» Ce dĂ©lai est supprimĂ© pour les personnes ayant servi dans l'armĂ©e française, ou Ă©tant ressortissante d'un pays dont la langue officielle est le français. . 92 355 220 179 190 222 179 371